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Interview

Variant de la COVID-19 : degré de contagion, efficacité des vaccins, ...Pourquoi il faut s'inquiéter

Avec la découverte d’un premier cas atteint du variant britannique de la COVID-19 au Maroc, les craintes fusent. Doit-on s’inquiéter de la mutation du virus ? Le nouveau variant est-il plus mortel, plus contagieux ? Les vaccins tant attendus sont-ils, en fin de compte, inutiles contre cette souche ? Le Dr. Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politique et systèmes de santé, répond à ces questions, et livre l’essentiel à savoir autour des variants de la COVID-19 dans une interview accordée à 2M.ma.

2M.ma : Faut-il s’inquiéter de l'apparition de cette nouvelle souche ? 

Tayeb Hamdi : La communauté scientifique n’a pas caché ses inquiétudes par rapport à la nouvelle de mutation du virus. Le constat épidémiologique a confirmé que ce variant de la COVID-19 était 50% à 70% plus contagieux que le premier. 

Nos inquiétudes sont liées au fait qu’une souche plus contagieuse, si elle n’est pas contrôlée, va finir par se répandre jusqu’à remplacer l’ancienne en l’espace de 12 semaines à peine.

* Que sait-on sur le variant britannique et le phénomène de mutation du virus ?

La mutation des virus suscite des inquiétudes, certes, mais elle reste un phénomène normal. Scientifiquement, nous savons qu’un virus va inévitablement muter, mais nous ne savons ni quand ni dans quel sens. Dans le cas du variant britannique, les données dont nous disposons affirment qu’il n’est pas plus mortel, qu’il ne touche pas une catégorie d’âge plus qu’une autre, et qu’il ne provoque pas des formes plus graves de la maladie. Il est cependant plus contagieux. Cela veut dire que s’il se propage, nous aurons plus de cas, et par conséquent plus de décès vu la hausse des contaminations. 

Les virus mutent au fur et à mesure qu’ils se propagent. Pour éviter ainsi de se retrouver avec un énième variant plus hostile, il faut impérativement limiter la propagation du virus. Lorsqu’un virus mute, des modifications sont opérées sur toutes les parties qui le constituent. Cependant, la mutation la plus dangereuse est celle de la protéine Spike. 

La protéine Spike est le composant que les virus utilisent pour pénétrer dans les cellules humaines. Aujourd’hui, les vaccins, les modes de dépistage et l’immunité acquise par les personnes guéries sont tous basés sur la reconnaissance de cette protéine. Il s’agit également de la partie que nos anticorps attaquent pour détruire le virus. Si la protéine Spike d’un virus mute, comme c’est le cas du variant brésilien - beaucoup plus inquiétant, les vaccins comme l’immunité acquise pourraient devenir inutiles.

* Les vaccins AstraZeneca et Sinopharm choisis par le Maroc sont-ils efficaces contre le variant britannique ?

Pour le cas du variant britannique comme du variant sud-africain, les vaccins Sinopharm, Moderna, Pfizer et AstraZenenca ont été confirmés efficaces. 

Toutefois, si ces vaccins en venaient à devenir caduques, nous savons qu’un vaccin ne perd jamais son efficacité à 100%. Il faudra l’améliorer, certes, mais il pourra tout de même être utilisé à titre préventif. 

Si un variant plus dangereux venait à se propager, il faudrait seulement 8 semaines pour les laboratoires afin d’élaborer un nouveau vaccin. 

* Que peut-on faire pour éviter la propagation du virus ?

On ne peut pas arrêter un virus, sinon nous n’aurions pas eu affaire à une épidémie dès le début. Le Maroc ne peut aujourd’hui que retarder l’arrivée du nouveau virus sur son territoire et en limiter la propagation à travers un bon nombre de mesures, notamment la fermeture des frontières, le contrôle des arrivées de l’étranger, et le renforcement des mesures préventives.

La distanciation sociale et les masques sont aujourd’hui plus importants que jamais.

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