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Maroc / APEBI : « La Covid-19 est venue booster notre secteur » (Interview)
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Maroc / APEBI : « La Covid-19 est venue booster notre secteur » (Interview)

La Fédération des technologies de l’information de télécommunication et de l'offshoring (APEBI) a signé, récemment, des mémorandums d’entente avec les Centres Régionaux d'Investissement de différentes régions du Royaume visant à promouvoir le développement des écosystèmes de l’offshoring.  2M.ma a contacté le président de l’APEBI, Amine Zarouk, afin qu’il nous dévoile les principaux axes de ces mémorandums mais également les perspectives et les opportunités qui s’offrent aux secteurs représentés par l’APEBI.

Vous avez récemment signé des mémorandums d’entente avec les CRI de nombreuses régions, est ce que la régionalisation peut servir d’un catalyseur de compétitivité pour les opérateurs de l’Offshoring installés dans les grandes villes du Royaume?

Ce partenariat s’articule autour de trois axes principaux, à savoir la mise en place d'un modèle d’Ecosystème digital pilote au niveau des régions et territoires. Deuxièmement, la création d’une antenne régionale de l'APEBI afin de fédérer les acteurs IT locaux et accompagner l'ensemble des secteurs productifs de la région dans leur processus de transformation digitale. Enfin, faire du digital un levier d'attractivité et de compétitivité régionale, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.

L’APEBI et plusieurs Centres Régionaux d'Investissement, dont celui de Fès-Meknès, de l’Oriental et de Dakhla, ont conjugué leurs efforts pour identifier les nouvelles niches de ce secteur en constante évolution, favoriser la création de synergies et proposer un dispositif d’accompagnement dédié aux acteurs de l’écosystème régional.

Quel l'impact de la crise liée au Covid-19 dans le secteur de l'offshoring ? Comment évaluez-vous le bilan de l’offshoring durant 2020 ?

Le secteur de l’offshoring a été impacté par la crise sanitaire notamment les startups et l’offshoring (gels des budgets R&D et les coûts non prévus liés au télétravail). Nous avons heureusement démontré une forte résilience et avons pu retrouver une croissance en fin de l’année de 2020. La Covid-19 est venue booster notre secteur et mettre un coup de pression sur nos objectifs.  Pour rappel, durant la crise sanitaire, nous avons piloté et mené différents projets, en étroite collaboration avec les autorités compétentes, les industriels, les starts up et la société civile (Hackovid / Hackcovid.africa). Nous avons proposé de nombreuses solutions et réalisés des benchmarks très pointus, en étroite concertation avec le Conseil Economique Social et Environnemental  et la Commission spéciale pour le modèle de développement. Parmi les benchmarks réalisés on note l’intelligence artificielle, le Cloud Souverain, l’Offshoring et le Techshoring et l’industrie 4.0 etc…

Quelles sont les leçons à tirer de cette crise sanitaire ?

L’Etat marocain a réalisé de grandes prouesses digitales et dans des temps-record durant cette crise sanitaire. Les entreprises marocaines ont également fait preuve d’une grande agilité et réactivité. Le digital a beaucoup aidé. Il a même été au cœur du changement. Mais la digitalisation est une dynamique structurelle et devrait pouvoir s’inscrire, dorénavant, dans les priorités de chaque organisation. Tant que le digital reste dépendant du bon vouloir des circonstances, nous n’aurons qu’une semi-digitalisation, coûteuse et inefficace.

L’avenir est -il dans le digital ?

Le défi du digital est d’abord culturel. Le changement doit être inscrit dans le changement de comportements. L’APEBI a d’ailleurs proposé quelques pistes, aussi bien au secteur privé que public : l’Open Innovation est un excellent levier pour transformer la logique financière du digital : là où il peut être un coût, nous suggérons de le transformer en investissement. Les opérateurs et l’Etat doivent devenir actionnaire des projets technologiques plutôt qu’acheteurs. Le digital ne doit plus être optionnel mais prioritaire.

 

 

Quelles sont les perspectives qui s’offrent aux secteurs représentés par l’APEBI ?

Il est aujourd’hui prioritaire de soutenir l’écosystème digital mais également de porter des champions nationaux, continentaux, voire mondiaux. Pour ce faire, le Maroc a besoin de créer un environnement fiscal plus souple, adapté et incitatif. De la même manière, et nous l’avons vu durant cette crise du Covid-19, la réorganisation du monde/code du travail est nécessaire pour libérer les énergies humaines et entrepreneuriales.

Quatre mesures essentielles sont en mesure d’aider le secteur du digital. Premièrement soutenir la création des centres d’excellences et de plateformes de reconversion professionnelle, dédiées au digital, des jeunes en situation difficile ou en phase de transition. Ensuite, renforcer le développement de l’écosystème des freelancers à travers de la formation professionnelle et leur intégration dans l’économie numérique. Puis accompagner la transition digitale des régions marocaines et enfin soutenir la création de l’écosystème des Startups  en rendant opérationnel le Start Up Act.

 


 

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