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Economie

#LevenementielSeMeurt, dernier cri de détresse d'un secteur au point mort depuis mars dernier

La pandémie de Covid-19 a chamboulé le paysage économique. Plusieurs secteurs pansent progressivement leurs plaies après un confinement dur de répercussions, d’autres peinent tout simplement à se relever. C’est le cas de l’événementiel, secteur dont l’essence d’activité repose sur la capacité de rassembler des personnes dans un lieu donné.  La crise qui frappe ses professionnels est très sévère, à tel point que ces derniers relayent largement un hashtag explicite : #LevenementielSeMeurt.

Vacillant depuis mars dernier entre annulations et reports d’événements, les professionnels ne savent plus à quel saint se vouer. Au point que plusieurs ont mis la clé sous la porte. « Nous avons reçu des appels de certains adhérents qui annoncent avoir fermé leur entreprise. D’autres nous admettent avoir été contraints de licencier des employés, ou qu’ils n’arrivent même plus à recouvrer leurs factures », déclare à 2M.ma El Mekki Lahlou, porte-parole du Groupement professionnel des prestataires de l’évènementiel au Maroc (GPPEM).

D’où le lancement d’une vignette portant le message précité, partagée par un grand nombre de professionnels sur les réseaux sociaux. Cette action dépeint la triste réalité d’un secteur qui a mis plus de deux décennies pour arriver à maturité. « Cette vignette partagée par les professionnels est un SOS à destination de tous, autorités et clients. Nous sommes entrain de perdre un grand capital immatériel de savoir-faire construit sur 25 ans, et grâce auquel on arrive à vendre la marque Maroc partout », poursuit M. Lahlou, rajoutant que si des mesures urgentes ne sont pas prises, « nous revivrons le scénario des années 90 où les prestataires étrangers dominaient le paysage, imposant des tarifs conséquents ».  

 

Pourtant, depuis mai dernier, les professionnels de l’événementiel ont entrepris une série de mesures afin de remettre leur secteur sur de bons rails. Le GPPEM a mis en route un plan de relance méticuleux qu’il a communiqué aux autorités compétentes et aux donneurs d’ordres. Le Groupement a aussi élaboré un protocole sanitaire spécifique, préparé en collaboration avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’économie verte et numérique, l’Institut marocain de normalisation (IMANOR) et Bureau Veritas. Le tout en effectuant des demandes auprès de divers départements en promettant de respecter toutes les conditions nécessaires, poursuit M. Lahlou, l’enjeu principal étant d’éviter les faillites et de préserver les emplois.

Mais le dénouement tarde à venir. Le protocole sanitaire en question n’a toujours pas été validé par le ministère de la Santé, et les doléances des professionnelles pour autoriser le rassemblement de plus de 20 personnes n'ont pas trouvé d'écho auprès de l'exécutif malgré toutes les garanties présentées, regrette le porte-parole du GPPEM. « Comment se fait-il que des activités consistant à rassembler des dizaines de personnes dans un seul endroit, comme les cafés et les restaurants, puissent être autorisés alors que l’événementiel, plus structuré, ne l’est pas ? », s’interroge-il.

De même, l’alternative numérique, à travers la tenue de webinaires, a été essentielle pour combler le vide existant lors des mois passés, mais aurait finalement prouvé ses limites. « Le virtuel est une manière de créer autrement, mais ce n’est pas une alternative viable pour plusieurs entreprises. Un événement virtuel forme 10% à 15% de la valeur d’un événement en présentiel. Si une entreprise se spécialise dans le virtuel, elle sera obligée de licencier plus des deux tiers de son effectif. De plus, d'autres corps d’activité avec lesquels nous traitons seront impactés : les traiteurs, les hôteliers, les transporteurs touristiques, etc. », explique M. Lahlou, en espérant que de mesures urgentes soient prises pour éviter que ce secteur agonisant ne tombe aux oubliettes.

 

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