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HCP : Le manque de financement empêche 74% des entreprises marocaines de lancer des investissements

Près de 74% des entreprises marocaines évoquent le manque de financement comme principale entrave pour l'acte d'investir. Une entreprise sur cinq a recours au financement externe, et le système fiscal est jugé contraignant par 60% des sociétés au Maroc.

Ce sont là les principaux résultats, parmi d'autres, dévoilés le 19 novembre 2019 par le Haut Commissariat au Plan (HCP), dans le cadre de son enquête annuelle menée auprès des entreprises nationales. L'enquête, conduite entre janvier et juillet 2019, a porté sur 2101 sociétés, et a exigé la mobilisation de 90 personnes.

Les grands traits du paysage de l’entreprise au Maroc en 2019

Ce premier volet révèle d'abord la persistance de la prédominance de la région Casablanca-Settat. En effet, 39% des entreprises nationales sont implantées dans cette région. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra (15% des implantations) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9%). 

La structure des entreprises reste, quand à elle, dominée par les très petites entreprises (TPE, 64%), suivies des petites et moyennes entreprises (PME, 29%) et des grandes entreprises (GE, 7%).

Par secteur d'activité, l'enquête révèle que le secteur des services reste le plus dynamique en attirant 42% des entreprises, suivi du commerce (27%), la construction (21%) puis l'industrie (10%). Ces chiffres reflètent l'intérêt que portent les TPME et les PME aux services, plus accessibles en matière d'investissement, alors que l'industrie reste attractive pour les GE (26% d'entre elles y opèrent). 

"Tertiarisation" des entreprises et montée des TPME 

Par tranche d’âge, la répartition fait apparaître que 75% des entreprises sont de création récente, avec moins de 20 ans d’existence. Près de la moitié d’entre elles ont moins de 10 ans. La part des entreprises de moins de 10 ans dans les secteurs des services (42%), de la construction (35%) et du commerce (33%) est plus importante que celle du secteur industriel (12%). Le HCP relève également que 40% des TPE ont moins de 10 ans.

Dans l’ensemble, les créations récentes de moins de 10 ans sont fortement enregistrées dans le secteur des services avec 49% des entreprises, contre 3,3% dans l’industrie.

Une faible offre de formation

Toujours selon le HCP, les entreprises marocaines présentent un taux d’encadrement de 25% avec une faible
disparité selon les secteurs d’activité. Avec un taux de 18%, les TPME industrielles sont relativement les moins encadrées. En revanche, le taux d’encadrement le plus élevé est enregistré dans les TPME commerciales (33%).

Sur le plan de la formation continue, 26% des entreprises questionnées ont mené des actions de renforcement des capacités au profit de leur personnel. Cette proportion est tirée vers le haut par les grandes entreprises (75%), contre 34% pour les PME et 18% pour les TPE. 

Au volet technologique, les entreprises utilise d'une manière "faible" les différentes technologies dans leur fonctionnement. Alors que 31% possèdent des sites web, seules 35% les utilisent dans un cadre professionnel. Il s’agit surtout de GE (43%), les TPME représentent 28% sur cet aspect.

Le HCP relève également que le management des entreprises est faiblement féminisé. Il est de 8% dans les GE contre 13% au niveau des TPME. Par ailleurs, il se situe entre 3% à 17% selon le secteur d’activité.

 

L'investissement et l'emploi restent le fait des grandes entreprises

Au cours des trois dernières années, 39% des entreprises ont réalisé des investissements. Cette proportion s’élève à 80% pour les GE, 49,5% pour les PME et 29,4% pour les TPE. C'est ainsi que la taille de l’entreprise apparaît comme un facteur déterminant de l’investissement. Toutefois, l’acte d’investir est entravé par le manque de financement pour 74% des entreprises.

Pour ce qui est du recrutement, la moitié des entreprises ont déclaré avoir recruté des employés au cours des trois dernières années. Cette proportion atteint 90% pour les GE et 70% pour les PME contre 38% pour les TPE. Les GE recrutent principalement des profils d’un niveau élevé (ingénieurs, cadres supérieurs) alors que les TPE recrutent principalement des techniciens spécialisés et des ouvriers qualifiés. La majorité des recrutements (71%)
sont des recrutements de remplacement ou se font suite à l’expansion de l’activité (64%).

Les principaux obstacles à la politique de recrutement sont l’insuffisance de l’activité pour 63% des entreprises et le coût élevé de la main d’œuvre dans 26% des cas. Par ailleurs, 37% des entreprises déclarent que le système actuel d’éducation et de formation professionnelle ne leur permet pas de trouver sur le marché du travail des
profils adéquats. L'industrie, avec 52% des entreprises, est le secteur qui souffre le plus de cette inadéquation.

Une percée des TPME dans l’exportation

Toujours selon l'enquête du HCP, la part des entreprises exportatrices est de près de 7%, dont un peu plus de la moitié sont des exportatrices régulières. Cette part est de 2,6% au sein des TPE et de 10% au niveau des PME. Par ailleurs, 80% des entreprises exportatrices se créent dans le secteur tertiaire lui-même, dominé par les TPME. Ainsi, 40% des TPME qui exportent ont moins de 10 ans. Ces éléments, en plus de l’importance numérique des TPME, traduit leur potentiel de progression à l’export. La part des entreprises exportatrices est, quant
à elle, relativement importante au sein des GE (31%).

Les grands obstacles à l’investissement et à l’emploi

Les résultats de l'enquête révèlent également qu'une entreprise sur cinq recourt au financement externe, dont la
majorité (93%) provient du crédit bancaire. Cette proportion s’élève à 46% pour les GE, contre 18% pour les TPME. Ces dernières sont les plus confrontées aux difficultés d’accès au financement, qui constituent un obstacle sévère pour 40% d’entre elles.

Dans l’ensemble, 58% des chefs d'entreprises interrogés sont insatisfaits des services offerts par les institutions financières. Ce mécontentement est plus accentué chez les TPE (63%).

De même, 35% des entreprises ont demandé un crédit auprès d’une institution bancaire au cours des trois dernières années. Le taux d’intérêt élevé (40%) ainsi que les garanties exigées par les banques (34%) sont les principaux freins à la demande de crédit. Selon la perception des chefs d’entreprises, les deux facteurs les plus déterminants pour l’accès au financement bancaire, à savoir les garanties exigées et le taux d’intérêt, se sont davantage resserrés durant la période considérée (janvier-juillet 2019).

 

Une appréciation plutôt réservée des rapports avec l’environnement institutionnel

Sur le plan de la fiscalité, les entreprises se plaignent des contrôles fiscaux récurrents et de la multiplicité des redressements. A ce titre, 34% des GE ont fait l’objet d’un contrôle fiscal et 73% ont été redressées durant la dernière année.

Dans l’ensemble, le système fiscal est jugé contraignant par 60% des d’entreprises, un facteur de découragement de l’investissement par 95% d’entre elles, source de méfiance vis-à-vis de l’administration fiscale par 88% et favorisant le recours à des pratiques informelles par 69%. Par ailleurs, le système fiscal est considéré complexe par plus de la moitié des entrepreneurs (51%). Cette proportion est de 63% pour les GE.

De même, la lenteur de traitement des litiges commerciaux par les tribunaux constitue une contrainte pour 51% des entrepreneurs et la difficulté dans l’application des décisions judiciaires pour 15% des cas.

En ce qui concerne les principaux facteurs de production, 61% des chefs d’entreprises déclarent que le coût de l’énergie constitue un obstacle pour la compétitivité. Il en est de même pour l’accès au foncier pour 47% des entreprises.

Cependant, les chefs d’entreprises ont globalement une opinion peu favorable de leurs rapports avec l’administration publique, fait ressortir l'enquête. Les deux tiers des entreprises estiment que la complexité des procédures de l’administration est un obstacle au développement de leur activité. Pour la moitié des entreprises, la qualité de service, le délai de paiement et l’accès à l’information sont également des contraintes sérieuses.

 

 

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