Plus de résultats
En ce moment
Dette du Trésor : Hausse des besoins de financement au S1-2020, l'encours en pr…
Finances

Dette du Trésor : Hausse des besoins de financement au S1-2020, l'encours en progression de 6% à fin juin 2020

I.E.MI.E.M

La première moitié de 2020 a été caractérisée par l’éclatement de la crise sanitaire liée à la pandémie Covid-19, dont l’impact a entraîné l’arrêt total ou partiel de plusieurs secteurs économiques pendant quelques mois, présageant ainsi une baisse des recettes de l’État, une accentuation du besoin de liquidité bancaire et une baisse des avoirs extérieurs, indique le rapport sur la dette publique accompagnant le Projet de loi de Finances 2021.

Dans ce sens, plusieurs mesures ont été déployées pour faire face à des besoins de financement  "plus importants que prévu" du Trésor et pour soutenir le système financier. Dans ce contexte, les conditions de financement du Trésor, à fin juin 2020, se sont caractérisées par un changement dans les stratégies de placement des investisseurs en bons de trésor (BDT), qui ont adopté un comportement d’attentisme et des stratégies court-termistes, poursuit le rapport.

Ainsi, dans ce contexte d’incertitude et de manque de visibilité, la plupart des investisseurs ont préféré "être long en trésorerie" pour faire face, entre autres, à leur contribution au fonds Covid-19. Ceci s’est traduit par un fort mouvement de rachat chez les OPCVM engendrant d’importantes ventes de BDT sur le marché secondaire et une baisse de la demande pour les émissions de BDT avec son réorientation vers les titres à court terme (CT) et l’absence d’intérêts pour les maturités longues, principalement durant les mois d’avril et mai 2020, est-il détaillé.

De ce fait, le financement du Trésor sur le marché domestique a été marqué par une hausse de 88% du volume global des émissions du Trésor qui a atteint 70,2 milliards de DH (MMDH) à fin juin 2020, contre près de 37 MMDH à fin juin 2019, et ce dans le sillage de la hausse du besoin de financement du Trésor. De même, les levées du Trésor sur le marché domestique ont atteint 85,8 MMDH contre 63,6 MMDH un an auparavant. Ces levées ont été distribuées à hauteur de 55% sur les maturités à 5 ans et plus contre 84% à fin juin 2019, informe le rapport.

Pour ce qui est du financement extérieur, le décret-loi 2.20.320 a autorisé le gouvernement à dépasser le plafond des financements extérieurs déjà fixé en vertu de l’article 43 de la loi de finances 70-19 pour l’année budgétaire 2020, rappelle le document. Ainsi, le potentiel des mobilisations extérieures au titre de cette année a été augmenté de près de 30 MMDH pour atteindre 60 MMDH afin de maintenir le stock des avoirs extérieurs à des niveaux adéquats.

Évolution de la dette du Trésor à fin juin 2020

À fin juin 2020, l’encours de la dette du Trésor s’est établi à 794,4 MMDH, contre 747,2 MMDH à fin décembre 2019, soit une progression de 47,2 milliards de dirhams (6%), indique le rapport.

Dans le détail, l’encours de la dette intérieure a atteint 627,4 MMDH contre 585,7 MMDH à fin décembre 2019, soit une progression de 41,7 milliards DH (7%), tandis que celui de la dette extérieure a progressé de 5,5 MMDH (3%) pour s'établir à 167 MMDH à fin juin 2020.

À la même échéance, les charges en intérêts et commissions de la dette du Trésor se sont établies à près de 17,4 MMDH contre 18,1 MMDH à fin juin 2019. Cette baisse s'explique, selon le document, par le recul des intérêts et commissions de la dette intérieure de 0,7 MMDH contre une quasi-stabilité desdites charges pour la dette extérieure.

Pour ce qui est des "charges en principal" de la dette du Trésor, elles se sont établies à fin juin 2020 à 53,2 MMDH contre 58,5 MMDH à fin juin 2019, soit une baisse de 5,3 MMDH (5,1 MMDH pour la dette intérieure et 0,2 MMDH pour la dette extérieure), est-il précisé.

Pour la dette intérieure, la baisse constatée est due à la réduction de 10,3 MMDH du volume cumulé racheté à fin juin 2020 dans le cadre des opérations d’échange de Bons de trésor (BDT) par rapport au volume racheté à fin juin 2019, atténuée par une hausse de 4,5 MMDH au titre des remboursements (hors opérations de gestion active de la dette intérieure) à fin juin 2020.

Concernant les flux nets de la dette du Trésor, ils ont enregistré une hausse de l’ordre de 31,7 MMDH en passant de 16,4 milliards à fin juin 2019 à près de 48,1 milliards au terme du 1er semestre de l’année 2020.

Actions et réformes marquantes en 2019

Dans le cadre du processus continu d’amélioration de l’efficacité de la gestion de la dette, l’année 2019 a été consacrée à la poursuite de certaines actions entamées par la Direction du Trésor et des Finances Extérieures au cours de l’année 2018, indique le même rapport.

Ces actions se sont articulées sur deux axes principaux, dont le premier est le projet de développement d’une courbe des taux de référence pour les bons du Trésor, l’objectif étant de mettre en place une nouvelle courbe des taux en substitution à la courbe actuelle adoptée depuis 2004, et qui n’est plus en phase avec le niveau de développement du marché marocain, explique le rapport. Ce projet est mené dans le cadre d’une assistance technique conclue avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en concertation avec la Banque centrale, l’AMMC et les opérateurs de la place (Banques IVT et OPCVM).

Dans ce sens et au titre de l’année 2019, une application a été développée par la société informatique recrutée par la BERD à cet effet, et ce, en prenant en considération le modèle de construction de la courbe convenue avec la Direction du Trésor, les régulateurs et les principaux opérateurs du marché. Les travaux menés ont eu pour objectifs de s’assurer de la cohérence des calculs réalisés eu égard aux conventions de calcul de la place, de vérifier la robustesse de la nouvelle courbe et d’améliorer l’ergonomie de l’application. Les prochaines étapes consisteront à mettre en place les prérequis nécessaires pour le démarrage des tests en vue de valider l’application en question, à dérouler ces tests et apporter les ajustements nécessaires à ladite application et à lancer le « parallel run » sur une période donnée avant de basculer vers la nouvelle courbe, qui sera utilisée comme outil réglementaire de valorisation des portefeuilles des OPCVM, en lieu et place de la courbe en vigueur, informe le document.

Le deuxième axe majeur attaqué en 2019 est celui du projet de révision du cadre réglementaire des transactions sur les bons du Trésor. Ce projet, qui bénéficie de l’assistance technique conclue avec la BERD, a pour but le diagnostic et la mise à jour du cadre réglementaire des bons du Trésor en particulier celui relatif au marché secondaire, est-il indiqué.

Le cabinet d’avocat international Kramer Levin, recruté par la BERD à cet effet, a procédé au diagnostic du marché actuel de la dette souveraine (primaire et secondaire) et à la proposition des mesures de réforme pour renforcer le cadre légal et réglementaire actuel du marché des BDT, assurer une supervision adéquate de l'activité du marché et favoriser la transparence et l’efficience de ce marché en s’inspirant des meilleures pratiques internationales en la matière. Ces mesures de réformes du cadre juridique et réglementaire ont été discutées avec les autorités et les opérateurs du marché et un projet de feuille de route a été élaboré. La prochaine étape consistera en la proposition et la présentation des conditions de mise en œuvre des recommandations de ladite feuille de route dans l’ordre juridique marocain, conclut le rapport.
 

Les contenus liés

Les articles à la une