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Economie

Covid-19 / Maroc : L'élaboration d'une loi de finances rectificative est un acte "courageux" (Economiste)

2M.ma avec MAP2M.ma avec MAP

L'élaboration d’une loi de finances rectificative, durant cette période de crise sanitaire imposée par la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), est un acte "courageux" alors qu’on est en terrain inconnu où la seule certitude est l'incertitude, a souligné l'économiste et professeure universitaire, Nezha Lahrichi.

"L'objectif de la LFR est l’adhésion de toutes les forces vives du pays au plan de relance qui va faire l’objet d’arbitrages difficiles. Nous constatons la volonté d’un travail collectif aussi bien du gouvernement que du parlement qui ont annoncé la consultation des partis politiques, des syndicats et des acteurs économiques", a-t-elle dit dans un entretien accordé à la MAP.

Et de poursuivre: "La responsabilité est collective et impossible à déléguer. Chaque acteur a ses contraintes".

Dans ce sens, Mme Lahrichi, première femme Docteur en sciences économiques au Maroc et ex-conseillère de trois premiers ministres, a fait remarquer que l'Etat est sur tous les fronts, puisqu'il doit faire face à l’urgence sociale et au choc sur la croissance économique, continuer d’investir et poursuivre les réformes, ce qui implique des suppléments de dépenses.

Elle a, à cet effet, estimé que le recours à l’endettement est "incontournable", notant qu'actuellement les taux d’intérêts sont très bas pour de très longues échéances, ce qui est avantageux pour assurer le financement des investissements publics.

D'ailleurs, a soutenu Mme Lahrichi, "le débat sur la dette extérieure devrait s’articuler autour du coût de la dette et non son montant et il ne faut pas analyser cette question avec la grille de lecture préexistante qui remonte au Programme d'ajustement structurel (PAS)".

Et d'ajouter: "Généralement, la singularité de cette crise impose de sortir de notre modèle mental. Il n’est pas souhaitable de déléguer les prises de décisions aux chiffres".

Quant aux chefs d’entreprises, ils sont plongés dans une grande incertitude et doivent constamment reconsidérer la situation en fonction d’un tas de données qui fluctuent, inclure les coûts additionnels des mesures de protection, agir par petites étapes et corriger, le tout avec la mobilisation des forces vives de l’entreprise pour qu’elle reste tournée vers la relance, a relevé Mme Lahrichi.

"En définitive, l'exercice est difficile car il s’agit de répondre à une situation inattendue et partout dans le monde il y a la crainte du chômage et le risque de la colère. Le plan de relance est appelé à transgresser les modèles prescriptifs d’avant covid-19", a-t-elle conclu.

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