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Transition énergétique : la feuille de route du CESE
Energies renouvelables

Transition énergétique : la feuille de route du CESE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié un avis sur le secteur de l’énergie au Maroc, Intitulé «Accélérer la transition énergétique pour installer le Maroc dans la croissance verte». Dans ce document, le CESE présente l’énergie en tant que « déclencheur d’une nouvelle émergence verte du Maroc » et insiste sur son importance stratégique.

Dans son étude, le CESE, a élaboré, de manière prospective, des scenarii à horizon 2030, 2040 et 2050 dans le but d’explorer ainsi les options stratégiques à adopter dès aujourd’hui. Pour cela, le Conseil s’est entouré d’experts nationaux du secteur, et a auditionné 63 spécialistes du secteur et parties prenantes dont notamment les départements ministériels et parties prenantes concernées comme MASEN, l’ONEE, l’IRESEN, l’AMEE, l’OCP et la CGEM. L’essentiel en est que “le Maroc peut passer d’une dépendance énergétique de près de 88% aujourd’hui à 35% en 2040 et moins de 17% en 2050. En parallèle, le coût moyen de l’électricité sur le réseau pourrait baisser de 0,79 DH/kWh aujourd’hui à 0,61 DH/kWh en 2040 et 0,48 DH/kWh en 2050”.

« Le potentiel énergétique marocain en énergies renouvelables, désormais plus compétitif, est en effet remarquable. Il repré́sente virtuellement une capacité́ de production équivalente au gaz et au pétrole du Nigéria ou du Venezuela », relève le CESE sur son document. Un atout clé, qui permettrait au Maroc de réduire fortement notre dépendance énergé́tique, d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, la compétitivité de ses industries et les comptes publics mais aussi de consolider son positionnement international. Dans ce sens, le CESE affirme que « le Maroc peut, en effet, dans un proche avenir, jouer un rôle fondamental pour l’approvisionnement de l’Europe en énérgie verte via l’électricité ou l’hydrogè̀ne », un échange qui serait non seulement économique, mais qui revêt des enjeux géopolitiques dans toute la région du Maghreb. 

Pour atteindre ces objectifs, le CESE propose un nombre d’actions à entreprendre au niveau national. Le Conseil insiste sur la nécessité de se lancer dans une stratégie qui considère la transformation énergétique dans son ensemble au-delà de l’électricité et au-delà des usages classiques. Parmi les actions proposées par le CESE : mettre en place une production électrique issue exclusivement de ressources renouvelables, maximiser la production électrique décentralisée au niveau des foyers, des industries, des communes, des exploitations agricoles, des coopératives, ou mettre en œuvre une politique coordonnée pour l’efficacité énergétique. Le but serait, selon le CESE, d’initier une transition énergétique basée sur les ressources dont le Maroc regorge et dont le coût connaît un trend baissier, dont l’hydrogène, l’énergie solaire, et le dessalement des mers. 

Pour accompagner ces actions, le Maroc devra s’armer d’une refonte du cadre juridique et de la gouvernance pour s’adapter aux évolutions du secteur et d’une reconfiguration des politiques publiques qui touchent à l’énergie, préconise le CESE. Il devra également donner une plus grande place à l’initiative privée à toutes les échelles en s’assurant de la sécurité d’approvisionnement globale et initier une adhésion citoyenne élargie avec l’implication des citoyens et des territoires.

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