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Qui est Rajae Maouane, la nouvelle Madame écolo de la Belgique ?
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Qui est Rajae Maouane, la nouvelle Madame écolo de la Belgique ?

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Dimanche soir, la Belgo-marocaine Rajae Maouane a été élue coprésidente du parti écologiste belge, assistée par le militant Jean-Marc Nollet. Cette jeune activiste dirigera donc la formation des Verts pour les prochaines années. Focus !

92% de suffrage, score sans appel pour Rajae Maouane, coprésidente depuis dimanche du parti écologiste belge avec notamment Jean-Marc Nollet, pour succéder à Patrick Dupriez et une autre militante d’origine marocaine, Zakia Khattabi. Statutairement, la coprésidence d’Ecolo doit être composée d’une femme et d’un homme, provenant pour l’un(e) de Bruxelles, pour l’autre de Wallonie.

« Je n’ai pas de mot. Merci ! Quelle fierté. Jeune, d'origine immigrée et  me voilà coprésidente d’Ecolo aux côtés de Jean-Marc Nollet. Et derrière nous, un parti uni, soudé et déterminé à faire avancer plus loin encore le projet écologiste. Merci à toutes et à tous », se félicitait Rajae Maouane, encore sous l’émotion après sa victoire fracassante.

 

Molenbeek... ça forge

Encore trop jeune pour la responsabilité ? Absolument pas. Bourrée de compétence, cette trentenaire intègre le parti en tant que stagiaire chargée de la communication avant de faire ses preuves notamment sur les questions liées à la jeunesse. Ce parcours lui a fait gagner la confiance des siens pour finir par se faire remarquer peu à peu sur la scène politique belge.

Next step ? Jouer le jeu et foncer dans les élections. Et où ? Dans la mythique commune de Molenbeek, berceau d’immigration maghrébine depuis les années 50 et désormais connue médiatiquement depuis les tristes attentats de Paris du 13 novembre 2015 et du 22 mars 2016 à Bruxelles, plusieurs de ses auteurs, dont le responsable opérationnel Abdelhamid Abaaoud où les frères Brahim et Salah Abdeslam étant originaires de Molenbeek. La commune est alors considérée par les médias comme un foyer de l'islamisme radical en Europe.

Déterminée, Rajae Maouane ne craint rien, s’engage dans l’aventure électorale et rafle la mise. « J’ai toujours été impliquée sur le terrain, auprès des ASBL de quartier. J’ai pu me rendre compte de l’enjeu de faire se rencontrer les gens, surtout après les attentats de Bruxelles, quand Molenbeek a été très critiquée. La solution, c’est que les gens se parlent et reprennent confiance en eux », déclare-t-elle, la veille du début du scrutin communal au plat pays.

Éprise de justice sociale forçant l’admiration des habitants de la commune, autant par son engagement et son jeune âge que par sa personnalité, sa force communicative et sa connaissance du terrain, elle devient donc conseillère communale en octobre 2018 à Molenbeek, puis députée bruxelloise le 26 mai dernier.

Cette native d’Uccle, à l’accent tangérois, en raison des origines parentales, est diplômée en communication de l’institut supérieur de formation sociale et de communication (ISFC). « Mes parents viennent de Tanger, au Maroc. Ils se sont installés à Bruxelles, après un passage à Anvers. Papa était ouvrier et maman s’occupait de nous. Un job à (plus que) temps plein », affirme-t-elle fièrement dans un entretien accordé la Libre Belgique.

Quand on lui parle de ses origines, Rajae Maouane tranche sans hésitation: « Aujourd’hui je me considère Belge tout en étant fière de mes racines que j’assume totalement ». « La diversité, c’est ça la Belgique! », renchérit-elle.

 

Dans l’air du temps

Celle qui se revendique sur son compte twitter comme passionnée du football, terrain de jeu dominé par la gent masculine, n’aime pas les seconds rôles et elle le fait savoir. « J’aime bouger, être sur le terrain, pas trop sur le banc de touche. C’est dans mon tempérament de trouver des solutions et d’être inventive », fait savoir la jeune députée bruxelloise.

Pour les connaisseurs du Marketing politique en Belgique, la jeune Rajae incarne l’espoir d’une autre jeunesse maghrébine en Belgique, différente de celle qui a prédominé les médias occidentaux après les attentats de Paris et de Molenbeek. Une jeunesse active dans les associations des quartiers et mène diverses actions de bénévolat. La nouvelle patronne du parti écologiste l’avait compris, raison pour laquelle elle avait explicité ses intentions après avoir déposé sa candidature pour la coprésidence, mettant ainsi en avant un projet “rassembleur”, dit-elle, en référence à la “complémentarité” du duo représentant des générations et milieux différents.

Son projet “incarne la volonté de créer du lien dans notre société : des ponts entre les générations, entre les vécus, entre les milieux. Une réponse à ceux qui divisent”, avait écrit sur Twitter le duo en annonçant sa candidature pour la coprésidence d’Ecolo.

Le look décontracté de Madame la députée n’est pas simple une folie de jeunesse, mais bien une identité qu’elle voudrait imposer dans la scène politique. Jeans, espadrilles, t-shirt avec message et une veste pour le minimum syndical des formalités, Rajae Maouane s’est montrée ainsi dimanche, jour de son ascension à la coprésidence et adopte généralement le même code vestimentaire, durant ses sorties politiques. Son allure « cool » et joviale explique l’engouement des jeunes, issus de l’immigration maghrébine en Belgique, autour de son personnage, qui s’identifie en elle.

Le tout pour la bonne cause. Rajae Marouane est un package politique vendeur, qui pourrait en cas de réussite, attiser les convoitises de l’immigration pour le combat écologiste, taxé souvent de « bobo déconnecté ». Une tâche primordiale sur le dos de celle qui se définit comme écologiste « sociale et urbaine ».

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