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Nicola Piovani au Maroc: Le cinéma italien, en concerto (Reportage)
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Nicola Piovani au Maroc: Le cinéma italien, en concerto (Reportage)

Oussama El BakkaliOussama El Bakkali

« La vie est belle », de Roberto Benigni (1997), est sans équivoque l’un des plus grands chef-d’œuvres du 7ème art italien. L’image de Guido, joué par Benigni lui-même, dans le rôle du père qui pour éviter l’horreur des camps de concentration à son fils, lui fait croire que tout n’est que jeu, est mémorable. Qu’en est-il du piano qui l’accompagne tout au long du film ? Invité par l’association culturelle Dante Alighieri, Nicola Piovani s’est déplacé au Maroc pour la première fois, pour interpréter quelques uns des ses plus beaux airs.

Jeudi 17 octobre. Il est 20h. À 30 minutes du début du concert du « Maestro » Piovani et son sextet, le pianiste, qui vient de faire sa balance accueille, sourire aux lèvres. Les cheveux grisonnants et les yeux brillants, il confie que « bien que ce soit ma première fois ici, j’ai un air de déjà vu ».

Intrigués par le nom de ce concert, intitulé « la musica è pericolosa » (traduisez la musique est dangereuse), Nicola Piovani explique que cette expression vient du célèbre Federico Fellini. «Avec Mario Monicelli, le travail était très rapide. Il venait avec une mélodie en tête, et on calibrait le travail au fur et à mesure. Avec Fellini c’était une toute autre histoire. »

Nicola Piovani se rappelle de longues heures de composition, de changements et de caprices du cinéaste : «je me souviens d’un jour, au studio de Fellini, à Corso d’Italia. Cela faisait déjà des heures que nous travaillons sur le film Intervista (1987). Fellini s’est retiré un instant, pour prendre un appel personnel.»

L’artiste poursuit, nostalgique, «entre temps, je pianotais quelques airs, dont un que j’avais composé pour une représentation du conte théâtral «l’Amour des trois oranges», l’année précédente. Fellini en est tombé sous le charme. Il ne voulait rien savoir, bien que déjà édité, c’était cet air qu’il voulait pour Intervista.»

Sur scène, avec l’aisance d’un maestro, Nicola Piovani, initie son concert par un storytelling alliant le récit de son histoire, des affiches de cinéma célèbres et des notes de piano qui semblent familières. Une histoire dont chaque chapitre relate la rencontre d’un musicien et d’un cinéaste, résultat des frictions des visions de chacun.

Commençant par sa collaboration avec Federico Fellini, dont il a composé la musique de ses 3 derniers longs métrages, le pianiste a repris ses créations, accompagné d’un sax-clarinettiste, d’un violon-guitariste, d’une batterie-percussion, d’un contrebassiste et d’un claviériste.

Le sextet, en chœur, a plongé le publique dans les divers univers du cinéma italien du dernier quart du XXème siècle, tantôt dramatique, tantôt euphorique. La musique est dangereuse, parce que comme l’explique Piovani «elle permet de voyager, de transmettre des émotions et d’envoûter celui qui écoute», sans le moindre mot.

Né à Rome un 26 mai 1946, Piovani est un pianiste, chef d’orchestre et compositeur de musique de films. Diplômé en classe de piano de Manos Hadjikadis, au conservoirtoire Giuseppe Verdi de Milan. Célèbre pour sa discrétion, le compositeur fait ses débuts avec Marco Bellochio, avec qui il travaillera durant 15 ans, gagnant ses galons.

Outre les grands cinéastes transalpins avec qui il collabore, Nicola Piovani a également collaboré avec le français François Dupeyron (Drôle d’endroit pour une rencontre, 1988), l’espagnol Juan Bigas Luna (Jambon, Jambon, 1993) ou encore le russe Sergueï Bodrov (Crinière au vent, une âme indomptable, 2001).

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