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Meryem, une jeune aventurière qui gravit les sommets pour aller à la rencontre …
Portrait

Meryem, une jeune aventurière qui gravit les sommets pour aller à la rencontre des populations isolées (Reportage)

Yza Cherqi, MarrakechYza Cherqi, Marrakech
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Elle a 24 ans. En semaine, elle travaille dans un centre d’appel à Casablanca et le weekend, elle suit des cours pour décrocher sa licence en management. Meryem est une jeune femme comme les autres… ou presque. Son hobby : escalader les plus hauts sommets du Maroc. Des aventures faites de rencontres et d'enseignements. 

Mais pour cette aventurière, escalader ces sommets n’est pas un simple défi sportif. L’exercice lui permet avant tout de partager le quotidien des femmes et des hommes qu’elle croise sur sa route. Sur les circuits du Toubkal ou dans les gorges du Todgha, les voyages qu’elle entreprend ne sont pas de simples  escapades. C'est à travers chacun de ces déplacements qu'elle va au plus près des gens ordinaires qui vivent reclus dans les régions enclavés du Maroc.

Pour Meryem, ces personnes sont devenues comme des membres de sa famille. Elle a partagé tant choses avec eux, comme avec cette mère de famille rencontrée à Midelt lors d’une de ses nombreuses randonnées avec des amis étrangers.

 

Meryem qui avait devancé le groupe pendant leur randonnée s’était perdue. Après 1h de marche, elle rencontre une meute de chiens errants et c’est à cet instant que Fatima avec son fils de 6 ans arrivent. « Elle a pris son gros bâton et a commencé à l’agiter pour faire fuir les chiens en me sommant de me cacher derrière elle, comme le faisait son petit garçon » se rappelle la jeune étudiante avec beaucoup d’émotions. Après cet épisode, les deux femmes échangent difficilement quelques mots car Meryem ne parle pas Amazigh. A peine quelques instants après avoir fait connaissance, la jeune mère l’invite à souper chez elle… et même à passer la nuit. « J’ai été touchée par son geste ! J’ai partagé d’agréables moments avec sa petite famille. Ils m’ont accueilli à bras ouverts. J’ai repris juste après la route le cœur lourd mais il fallait que je retrouves mes amis avant la tombée de la nuit ».

La randonneuse confie être fascinée par le sens de l’hospitalité et la générosité des gens de ces régions éloignées. Il commence à faire nuit, Meryem n’a toujours pas retrouvé ses amis. Elle croise un groupe de personnes, des habitants de Midelt qui l’interpellent et lui demande si elle a besoin d’aide. Après leur avoir raconté ses péripéties, ils l’invitent à leur tour chez eux pour s’abreuver et se reposer avant de reprendre la route le lendemain. Mais la jeune aventurière préfère retrouver au plus vite ses compagnons et reprend donc sa quête. Quand 2m.ma lui demande si elle n’a pas eu peur toute seule en pleine nuit sur ces pistes désertes, cette native de Casablanca répond d’un air serein : « Je me sens beaucoup plus en sécurité la nuit dans ces coins reculés qu’en plein jour dans les grandes villes. »

Ces histoires, Meryem les partage aussi avec ses 6500 followers sur Twitter. En effet, elle tient à montrer les moindres instants de son expérience de vie à des internautes conquis par cette quête d’humanité et qui l’encourage à continuer sur cette voie. Une manière d’être solidaire avec ces populations qui vivent loin du tumulte des grandes agglomérations, simplement et parfois difficilement.

Un sourire nostalgique au coin des lèvres, elle se rappelle de Mohamed, un vieil homme rencontré à Tinghir. « C’était un homme simple mais plein de sagesse. Nous avons longuement discuter et je me rappelle d’une phrase qu’il m’a sorti et qui est devenue depuis un de mes leitmotive : Dif bhal Lflouss qui mchiw ou ijiw (les convives sont semblables à l’argent, ca part et ca vient . »

Car oui, Meryem a beaucoup appris de ces personnes qui ont marqué sa vie. Elle a d’ailleurs souhaité faire passer un message à travers le site de 2m.ma : « je voudrais dire aux gens qui me suivent ou lisent mes histoires, ne voyagez pas que vers des destinations à la mode et dans de grands hôtels, aller aussi dans les coins reculés et parfois oubliés du Maroc. Emmenez avec vous des habilles, des couvertures ou des jouets dont vous n’avez plus besoin, vous rencontrerez sur votre route des personnes qui en ont certainement besoin. Et croyez moi en faisant cela ce n’est pas vous qui leur faites un cadeau mais plutôt le contraire, car vous en sortirez grandit. »

Sur son téléphone, elle nous montre quelques photos et vidéos prises lors de ces voyages aux rencontres d’exceptions. Des images qui resteront gravées à jamais, Meryem n’escalade pas les sommets du Maroc juste pour le plaisir, elle le fait surtout pour réveiller cette part d’humanité qui sommeille en chacun de nous ..

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