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Fkih Ben Saleh : Des couvertures destinées aux cités universitaires en vente dans un souk hebdomadaire

A première vue anodines, des photos de couvertures rouges, empilées et étalées dans un souk hebdomadaire de la ville de Fkih Ben Saleh, ont provoqué une vive réaction de la toile au Maroc. Et pour cause, à y voir plus près, ces draps portent l'estampille de l'Office National des Oeuvres Universitaire, Sociales et Culturelles (ONOUSC).

Le parti est vite pris par plusieurs internautes et médias : Que des équipements destinés à des cités universitaires trouvent leur voie vers le commerce, cela éveille les soupçons.

Pour tirer cette affaire au clair, 2M.ma a interpellé Noureddine Touhami, directeur de l'ONOUSC, l'Office National des Œuvres Universitaire Sociales et Culturelles. Ce dernier nous assure que l'information n'est passée inaperçue. "Nous nous sommes rapidement mobilisés pour déceler l'origine de ces draps, et nous avons demandé à un ensemble de cités universitaires de faire l'inventaire de leurs équipements pour savoir s'il y a un manque quelque part", a-t-il informé.

Cependant, envisager la seule piste de la fraude, c'est aller vite en besogne. M. Touhami nous explique que ce le cas présent supporte trois scénarios : le premier est la cession des draps dans une vente aux enchères publiques. En effet, il n'est pas rare que les établissements publics se délestent de leurs équipements usés à travers leur revente via cette voie que la loi leur a octroyée. Ensuite, libre à l'acquéreur d'en disposer comme bon lui semble.

La deuxième piste considérée est celle d'un excédent de stock chez un fournisseur de l'ONOUSC. Ce dernier pourrait disposer d'une quantité de draps restantes après avoir honoré son engagement avec une cité universitaire, et ainsi décider d'écouler ce surplus dans le marché.

C'est la troisième voie, alarmante, celle d'une fuite du stock d'une cité universitaire, qui a poussé l'Office à réagir rapidement et à mener sa propre enquête. "Nous nous sommes rendus au souk en question le mercredi 13 novembre, accompagnés de la police, et avons pu faire la rencontre du vendeur. Les draps étaient toujours en sa possession", nous rapporte M. Touhami.

Après vérification, le vendeur a fourni les documents attestant son acquisition des draps légalement, à travers une vente aux enchères qui s'est déroulée en juin dernier. En somme, un marché de liquidation dans les règles. "C'est la présence de l'étiquette de l'ONOUSC sur les couvertures qui a prêté à confusion, car le même vendeur possédait d'autres biens, obtenus d'autres administrations à travers la même voie", poursuit le directeur de l'Office.

De même, M. Touhami tient à préciser qu'au contraire de ce qui a été véhiculé, les draps sont loin d'être neufs. "C'est un lot qui a été acquis en 2012, et qui a servi pendant 7 ans. Certains sont déchirés, jaunies, portent des traces de brûlures de mégots... Arrivés à un certain degré d'usure, ce genre d'équipements doit être renouvelé", précise-t-il en nous en fournissant des images.

 
 

M. Touhami rajoute que, même si cette voie reste légale, il préfère que son institution change de stratégie pour ce qui est de se séparer des équipements usés. "Je préfère que ce genre d'équipement fasse l'objet de dons à destination d'orphelinats, de villages reclus, globalement de personnes dans le besoin . D'ailleurs, nous avons commencer cette dynamique en 2018 et nous sommes entrain de la généraliser", révèle le directeur de l'Office.

L'ONOUSC est aidé dans cette entreprise par son statut d'institution à caractère social, ce qui lui octroie la possibilité de disposer de son équipement en l'offrant gracieusement aux plus démunis. Par exemple, pour les draps dont l'état est "moyen" ou peu détérioré, les ventes aux enchères offrent des rentrées peu signifiantes, et leur stockage de longue durée les rend proie aux parasites. 

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