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Don de sang ou comment sensibiliser les Marocains à ce geste simple mais vital
Santé

Don de sang ou comment sensibiliser les Marocains à ce geste simple mais vital

L’image a fait le tour des réseaux sociaux cette semaine suite au terrible accident qui a eu lieu au niveau de la commune de Bab Marzouka. En effet, après le drame très rapidement une centaine de personnes s’est ruée vers les centres de transfusion sanguine de Taza afin de faire don de leur sang. Un acte qui s’ancre de plus en plus dans les mœurs et la culture des Marocains.

Et pour cause, c’est sous le thème « Le don de sang est la responsabilité de tous » qu'est célébrée, le 5 décembre, la journée nationale du don de sang. L’occasion de mettre en place différentes campagnes de collecte dans des centres et les unités mobiles de don de sang qui se poursuivront jusqu’à fin décembre. Elles visent ainsi à couvrir les manques des centres de transfusion sanguine afin d’atteindre des réserves de 334.190 poches de sang d’ici fin 2019.

Les chiffres sont très encourageants puisque les centres de transfusion sanguine au Maroc connaissent tout de même plus de fréquentation mais les besoins aussi augmentent. Les besoins quotidiens du Centre national de transfusion sanguine et d'hématologie (CNTSH) se situent entre 1.200 et 1.500 poches en dérivés du sang et entre 950 et 1.000 donneurs de sang. Ainsi en 2018, le taux de don de sang a atteint 0,96% de l'ensemble de la population (321.336 donneurs), sachant que le nombre des donneurs a été de 164.735 à fin juin.

Des citoyens de plus en plus sensibilisés

Contactée par 2M.ma, Khadija Lahjouji, directrice adjointe du CNTSH, soutient justement : « actuellement, la culture est en train de se mettre en place. A chaque occasion les citoyens se présentent au centre de transfusion que ce soit au site fixe ou au site mobile ». Et effectivement, à l’occasion de la célébration de cette journée, « nous avons pu collecter seulement durant la matinée et uniquement au niveau de Rabat 185 dons. Et ce grâce aussi à la collaboration avec des associations ».

Car en effet, la société civile joue un rôle prépondérant dans ce travail de sensibilisation. « Nous avons toujours un plan de communication, d’ailleurs nous disposons d’un comité de promotion communication et le centre national a toujours mis en place un plan d’action en collaboration avec la société civile. L’avantage aujourd’hui est que nous travaillons main dans la main avec la société civile contrairement auparavant. On les réunit, on les forme des fois afin qu’ils adoptent la politique du centre national de transfusion ».

Pour la responsable, « la solidarité existe, les citoyens sont généreux il suffit de les informer ! » Et les occasions ne manquent pas pour faire appel à leur générosité puisque trois grandes dates célèbrent la culture du don de sang et permettent notamment de récolter un maximum de poches : la journée mondiale des donneurs de sang le 14 juin, la journée maghrébine du don de sang le 30 mars, et la journée nationale le 5 décembre. Mais les différentes campagnes tout au long de l’année ne sont pas en reste comme durant le mois de Ramadan où les mosquées comptent un grand nombre de donneurs. « Le mois de Ramadan était une période critique, aujourd’hui c’est une période qui couvre même les périodes estivales ! » Et d’ajouter : « il faut énormément de moyens de communication pour arriver jusqu’au citoyen mais dans tous les cas nous sommes sur une très bonne voie. D’ailleurs de 2000 jusqu’à maintenant, le nombre de don a triplé. Nous collections globalement autour des 100.000 poches contre 320.000 en 2018. »

Jamais d’excès !

Enfin, il est important de savoir que l’on ne donne jamais trop puisque qu’au niveau du centre national, « nous avons un rôle de régulateur. Nous avons actuellement une application informatique intégrée qui est en cours de finalisation et qui nous permet d’avoir une vision du stock des autres centres. C’est de cette manière que l’on sait quels sont les centres déficitaires et que l’on peut les approvisionner à partir des centres qui ont un excès ». Dans les faits, il est essentiel également de savoir que la durée de vie des globules rouges est de 42 jours, la conservation se fait ainsi en fonction.

« Le sang est séparé en trois constituants : le concentré de globules rouge, le concentré de plaquettes et le plasma pré congelé. Le concentré de globules rouges a une durée de vie de 42 jours et se conserve à une température à +2 et +8°. Les plaquettes ont une durée de vie de 5 jours, d’où parfois des difficultés à ce niveau et leur conservation est opérée entre 18 et 22° en agitation continue. Le plasma par contre est stocké à une température très basse à -30° jusqu’à -80°et a une durée de vie d'un an ». Alors si vous avez un poids supérieur à 50 kg, que vous êtes âgé entre 18 et 60 ans et que votre santé vous le permet, vous pouvez donner votre sang à raison de 4 fois par an maximum avec intervalle de deux mois entre les dons si vous êtes un homme et à raison de 3 fois par an maximum avec intervalle de trois mois si vous êtes une femme.

Des dons de sang qui sont plus attendus dans la région de Casablanca qui est l’une des plus grandes consommatrices de produits sanguins suivie des grandes villes comme Rabat, Marrakech, Fès ou encore Tanger. « Tout simplement car il y a un CHU dans ces villes et donc disposant de services d'hémato-oncologie qui consomment énormément de produits sanguins. La demande est énorme à Casablanca, ce sont 400 poches par jour qui sont livrées. C’est beaucoup en comparaison avec d’autres centres qui sont à petite cadence et qui vont livrer une vingtaine de poches ou une cinquantaine. Rabat c’est également près de 200 poches par jour », conclut notre interlocutrice.

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