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Enfance

Béatrice Beloubad : "Mobilisons-nous pour une noble cause et un Maroc digne de ses enfants" (INTERVIEW)

Accompagner les enfants privés de soutien parental et leur assurer une insertion socio-professionnelle à l’âge adulte : Tel est l’objectif de SOS Villages d’Enfants, installé au Maroc depuis 1985.

Disposant de cinq Villages dans différentes régions du Royaume, SOS Villages d’Enfants (SOSVE) compte aujourd’hui pas moins de 800 enfants entièrement pris en charge dans un cadre plutôt familial. Ils sont tous scolarisés et font l’objet d’un suivi individuel afin d’aller le plus loin possible dans leurs études, selon leurs capacités, et acquérir une formation qualifiante leur permettant de trouver un emploi par la suite.

Comment SOSVE a pu perdurer tout au long de ces 35 ans et faire face aux difficultés financières ? Est-ce qu’il enregistre une croissance de donateurs positive ou négative au fil des années ? Comment peut-on évaluer la situation des enfants au Maroc et quels sont les manquements à combler ? Les réponses avec Béatrice Beloubad, directrice nationale de SOS Villages d’Enfants depuis 25 ans, qui a bien voulu nous accorder cette interview.

 

SOS Villages d’Enfants est installé au Maroc depuis 35 ans. Est-ce que vous avez déjà rencontré des difficultés financières ? Si oui, comment avez-vous pu les surmonter ?

A SOS Villages d’Enfants Maroc on se bat au quotidien pour essayer de ne pas avoir de graves difficultés financières qui pourraient entraver la prise en charge des enfants qui sont confiés à l’association et que nous nous promettons d’accompagner jusqu’à l’âge adulte et l’insertion socio-professionnelle. C’est notre devoir et notre engagement auprès de ces enfants

Vous ne comptez pas moins de 800 enfants pris en charge dans vos différents Villages. Pour répondre à leurs besoins, est-ce que vous bénéficiez d’une subvention ou vous y arrivez uniquement grâce aux donateurs et bénévoles ?


Il faut savoir que plus de 90 % de notre budget de fonctionnement provient de la générosité de donateurs et parrains particuliers. Ceci est le fruit d’un travail acharné de prospection et de recherche de donateurs et de bailleurs de fonds qu’il convient de convaincre de notre sérieux et de la qualité de prise en charge que l’association assure aux enfants et aux jeunes.

Seuls 10% proviennent d’une subvention d’une instance publique, que nous percevons annuellement du fait que les villages d’enfants SOS sont accrédités « Établissements de protection sociale ». Mais, le montant de cette subvention est variable et nous ne sommes jamais certains de la percevoir l’année suivante. Cette incertitude dans la rentrée de fonds rend le travail difficile et stressant. La collecte de fonds mobilise énormément d’énergie au niveau des équipes dédiées et opérationnelles qui parfois se fait au détriment de la qualité de la prise en charge des enfants.

Sur une échelle de 0 à 5, comment vous évaluez la générosité des Marocains ?

Je mettrais 4/5. Les Marocains sont très généreux. Comme cité précédemment, ils doivent avoir confiance dans l’instance à laquelle ils donnent. La solidarité dans notre société a une dimension culturelle et religieuse très forte. De nombreuses personnes sont vraiment touchées par la situation des enfants qu’elles peuvent croiser dans leur quotidien. Cela aussi est un facteur déclenchant pour faire preuve de générosité et de compassion. La société civile est très engagée, dynamique et apporte une aide précieuse aux plus démunis.


Au fil des années, est-ce que SOS Villages d’Enfants enregistre une croissance de donateurs négative ou positive ?

La croissance des donateurs est positive. Et nous tenons à remercier toutes et tous ceux qui s’engagent à nos côtés. Nous avons besoin d’eux sur le long terme pour soutenir notre travail d’éducation, de scolarisation et d’accompagnement au quotidien des enfants. Nous avons besoin d’eux pour aider ces enfants devenus de jeunes adultes dans leurs études et leur indépendance financière. Nous avons besoin d’eux également pour soutenir nos programmes de renforcement des familles vivant dans la précarité, en majorité des mères seules en détresse, afin de préserver la cellule familiale et de protéger les enfants de l’abandon, la déscolarisation, l’errance et les abus.

Comment évaluez-vous la situation des enfants au Maroc ? Et quels sont, selon vous, les différents manquements à combler ?

Au Maroc comme dans de nombreux pays dans le monde, nous avons fêté en 2019 les 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). L’occasion de dresser le bilan de la situation des 11 200 000 enfants dans notre pays. L’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE) a, lors du Congrès National des Droits de l’Enfant à Marrakech en novembre 2019, présenté les résultats d’une étude sur la situation de l’enfance au Maroc qui a porté sur 4 droits : Santé – Education – Protection – Participation. Il en ressort que des avancées notables ont été réalisées : mortalité maternelle réduite de moitié, augmentation du taux de vaccination, lancement par l’INDH du préscolaire dans le rural, protection de l’enfant au premier plan des priorités avec la Politique Publique Intégrée pour la Protection de l’Enfant au Maroc (PPIPEM) qui a vu le jour en 2015…etc. Nous ne pouvons que nous réjouir des progrès notifiés dans ce rapport qui, cependant, pointe du doigt les défis à relever tels, réduire le gap entre l’urbain et le rural et lutter contre le problème de coordination des acteurs dans ces 4 domaines, développer l’accès à la santé, améliorer la qualité de l’éducation tout en contribuant à l’inclusion scolaire des enfants à besoins spécifiques ainsi que des petites filles discriminées dans certaines régions reculées, lutter contre les préjugés sociaux qui donnent peu d’espace à la participation des enfants.

Les manquements à combler restent énormes. Il doit y avoir une mobilisation au plus haut niveau pour y parvenir. Il faut une stratégie basée sur les besoins réels des enfants à risque et programmer des réponses adaptées.

Que faire pour devenir parrain ou marraine SOS ?

Le principe du parrainage est de donner une somme d'argent, en fonction de ses possibilités, sur le long terme. Car la prise en charge d’un enfant accueilli au sein de l’Association SOS Villages d’Enfants Maroc dure en moyenne 20 ans.

Pour cela, il suffit d’appeler le 05 22 25 18 12 ou le 06 61 58 80 88. On vous expliquera comment remplir un ordre de prélèvement automatique bancaire et chaque mois, vous serez prélevés de la somme choisie. Ces dons réguliers servent à l’alimentation, la santé, la scolarité, la qualification et l’insertion des enfants et des jeunes qui sont pris en charge par SOS Villages d’Enfants Maroc.

Un message pour encourager nos citoyens à donner

Nous construisons le monde de demain que nous souhaitons meilleur, qui intègre TOUS les enfants marocains. Mobilisons-nous pour une noble cause et un Maroc digne de ses enfants.

 

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