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Interview

Abdelhai LARAKI nous dit tout sur son film "Qalb Karim"..Interview

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Avec «Qalb Karim»,  Abdelhai LARAKI remet le sujet du don d’organes sur la table. Un film qui succède à «Ali Ya Ali», un téléfilm sur l’autisme couronné par un beau succès populaire. A l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes, le 17 octobre, 2M diffusera «Qalb Karim», le jeudi à 21h45. Pour en savoir plus sur les choix artistiques du réalisateur nous lui avons posé quelques questions. Voici l’intégralité de l’entretien avec Abdelahi LARAKI :

 

2M.ma : Après "Ali Ya Ali", téléfilm sur l’autisme, qu’est ce qui a motivé votre choix de traiter le don d’organes ?

Je suis parti d’un constat alarmant: 20 ans que la loi sur les dons d’organes existe  au Maroc et seulement 1.000 donneurs potentiels inscrits à date d’aujourd’hui ! C’est ce que mon personnage du Prof de Faculté dans «9ALB KARIM» expose  à ses élèves  étudiants en médecine pour les sensibiliser et à travers eux sensibiliser le public.

Partant de ce constat, j’ai souhaité  inscrire cette problématique dans une fiction qui montre, d’une part  la douleur pour une famille de perdre son fils et de devoir accepter qu’on prélève ses organes comme il l’avait souhaité de son vivant, et, d’autre part, l’utilité du don d’organes qui sauve des vies, avec la renaissance d’une jeune femme  qui reçoit cet organe «le cœur de Karim» et le bonheur retrouvé.

 

2M.ma :20 ans après sa légalisation au Maroc, le don d’organes se heurte toujours à la résistance des familles conservatrices… Quels sont vos arguments pour convaincre?  Il y a d’abord,  la construction narrative d’une fiction qui amène les gens, tout en se divertissant, à prendre conscience de cet enjeu médico-social qu’est le don d’organes. «9alb Karim» montre donc les idées erronées les plus courantes par rapport à cette pratique en se fondant sur la science et la loi en vigueur qui est encore largement ignorée par les gens. La loi et l’Islam non seulement autorisent le don d’organes mais ils l’encouragent aussi. En sauvant des vies, c’est une «Sadaqa jariya» (Aumône perpétuelle).

 

2m.ma : Le manque d’information est aussi un frein au don d’organes suscite de nombreuses réticences et appréhensions également auprès des receveurs.  «Qalb Karim» a-t-il sensibilisé aux principes de cette pratique ?

J’amène les gens à s’identifier à mon héroïne, la mère de Karim (Najat EL Wafy) qui, au départ, commence par opposer un refus catégorique au don des organes de son fils, puis par une évolution psychologique, parvient à comprendre et à même accepter la nécessité et le bien-fondé du don d’organes. Le spectateur est invité à faire avec elle ce cheminement et à se questionner.

 

2M.ma: L’autisme comme le don d’organes, s’imposent aujourd’hui comme un enjeu de santé publique. Quel est le message que souhaiterait véhiculer Abdelhai LARAKI à travers ses films ?

Quel que soit le thème traité dans mes œuvres, que ce soit l’autisme, le don d’organes ou la problématique de l’héritage islamique dans la série «Ma9tou3 Men Chajra»,  les questions sociétales, de genre, l’égalité homme/femme, l’équité, la justice, la liberté d’expression ou le droit à la dignité… sont des questions qui m’animent et qui sont toujours présentes et intrinsèquement liées entre elles dans mes œuvres pour amener le spectateur à se questionner tout en se divertissant.

 

2M.ma: Comment le film peut-il contribuer à la prise de conscience ?

Il y a certes tout un travail d’information à faire de la part des instances publiques et des média mais je considère qu’il est de ma responsabilité de créateur d’intégrer ces questions dans mes œuvres et de révéler en pointant avec la caméra toutes les injustices et les maux de la société qui ont pour visage: la «hogra» (injustice), la discrimination, le sexisme, l’arbitraire… en les inscrivant dans une fiction qui, j’insiste, en plus de divertir mon spectateur, l’amène à sortir de sa zone de confort et de paresse intellectuelle.

 

A propos du Film

 

Synopsis:

Karim, jeune étudiant en médecine, se fait percuter par un chauffard et plonge dans une mort cérébrale.

Karim a laissé un testament pour faire don de ses organes en cas de décès. La famille de ce dernier est confrontée à une douloureuse décision.

Entre deuil et volonté du défunt d’aider son prochain, Khadija sa mère passe par tous les états de crise, jusqu’au jour où elle rencontre Aida…

 

Fiche technique :

Scénario et Réalisation : Abdelhai LARAKI

Production: Caroline LOCARDI
Genre : Drame social, policier
Casting : Aziz DEHOUIR, Najat EL WAFY, Sanaa ALAOUI, Mohamed CHOUBI, Selma SAIRI, Mohamed HASSOUNI, Noureddine BIKR, Majid LAKROUN, Rokaya NAJAH, Sarah RAJA…

Format : 90 minutes
Année de production : 2019
Production exécutive : A2L PRODUCTION

 

Page FaceBook du film: 9albkarim

 

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